Panneaux solaires : pourquoi les prix remontent depuis le 1er avril 2026

Depuis le 1er avril, la fin du rabais chinois fait remonter les modules solaires de 9 à 15 %. Votre devis final ne grimpe que de 2 à 4 %. On vous explique.

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Illustration : Panneaux solaires : pourquoi les prix remontent depuis le 1er avril 2026

Depuis le 1er avril 2026, la Chine a supprimé le remboursement de TVA à l'export dont bénéficiaient ses fabricants de panneaux solaires depuis des années. Couplée à l'envolée du cours de l'argent métal, cette mesure pousse les modules photovoltaïques à la hausse partout en Europe. Mais avant de céder à la panique commerciale qui s'organise déjà, voici la réalité chiffrée : pour une installation résidentielle française, le devis final n'augmente que de +2 à +4 %. On vous explique pourquoi, et comment réagir intelligemment.

Ce qui s'est passé le 1er avril

Le 9 janvier 2026, le ministère chinois des Finances et l'Administration fiscale d'État ont annoncé conjointement la suppression complète du remboursement de TVA à l'export sur les produits photovoltaïques. Effet : à partir du 1er avril 2026, les fabricants chinois perdent leur ristourne fiscale historique de 9 %.

Pour comprendre l'enjeu, ce mécanisme existait depuis des années pour soutenir les exportations chinoises et expliquait en grande partie la chute mondiale des prix du solaire. Pékin l'avait déjà raboté une première fois en novembre 2024, en passant le taux de 13 % à 9 %. Cette fois, le taux passe directement à 0 %.

Date Mesure
1er décembre 2024 Premier rabotage : taux du remboursement passe de 13 % à 9 %
9 janvier 2026 Annonce officielle de la suppression totale par Pékin
1er avril 2026 Entrée en vigueur : remboursement à 0 % sur le solaire
Avril → décembre 2026 Pour les batteries lithium : taux ramené de 9 % à 6 %
1er janvier 2027 Suppression totale aussi pour les batteries

La mesure couvre les plaquettes de silicium monocristallin (diamètre supérieur à 15,24 cm), les cellules photovoltaïques non assemblées et les modules finis. Autrement dit, la quasi-totalité de ce qui finit sur les toits français, puisque la Chine fournit environ 80 % des modules vendus en Europe.

Combien ça vous coûte vraiment ?

C'est ici que se joue le malentendu commercial. Les analystes du secteur (Wood Mackenzie, pv magazine) tablent sur une hausse de 9 à 15 % sur les modules à la sortie d'usine. Certains industriels comme Dany Qian, vice-présidente de Jinko Solar, évoquent même +30 à +40 % en projection extrême. Ces chiffres impressionnent... mais ils concernent le prix du module nu, pas celui de votre installation finie.

L'indice de référence pvXchange, qui suit les prix spot des modules sur le marché européen, confirme d'ailleurs une hausse cumulée de 15 à 18 % depuis le point bas de décembre 2025, principalement sur les segments résidentiel et tertiaire.

Sur un devis résidentiel français, les modules ne représentent que 20 à 25 % du coût total. Le reste, ce sont l'onduleur, le câblage, les fixations, la pose, les démarches administratives, la TVA et la marge de l'installateur — autant de postes qui ne sont pas affectés par la décision chinoise.

Le calcul réel devient :

Élément Variation
Hausse modules (sortie d'usine) +9 à +15 %
Part des modules dans un devis résidentiel ~20 à 25 %
Hausse répercutée sur le devis final +2 à +4 %

Concrètement, pour les puissances résidentielles courantes :

Installation Coût TTC moyen avant Surcoût attendu Coût TTC moyen après
3 kWc ~8 000 € +160 à 320 € ~8 200 à 8 300 €
6 kWc ~11 000 € +220 à 440 € ~11 200 à 11 400 €
9 kWc ~15 000 € +300 à 600 € ~15 300 à 15 600 €

Ces chiffres sont des moyennes. Les fourchettes réelles restent larges (entre 9 000 et 13 000 € pour un 6 kWc selon le matériel et la région), mais l'ordre de grandeur du surcoût lié à la réforme chinoise reste contenu. C'est très loin des +30 % brandis par certains commerciaux.

Le vrai moteur de la hausse 2026 : l'argent métal

Si l'attention médiatique se concentre sur la décision chinoise, un autre facteur, plus discret, pèse peut-être encore plus lourd : l'argent métal.

Fin décembre 2025, l'once d'argent a atteint un record historique à 83,62 dollars, avant de culminer à 93,77 $/oz en janvier 2026. Or l'argent est utilisé sous forme de pâte conductrice dans les cellules photovoltaïques. Il représente plus de 30 % du coût d'une cellule et plus de 50 % des coûts hors silicium.

Concrètement, depuis l'été 2025, le secteur subit donc une double pression :

  • L'argent qui s'envole sur les marchés mondiaux
  • La fin du remboursement TVA chinoise au 1er avril 2026

À cela s'était ajouté un troisième facteur jusqu'au début 2026 : la flambée du polysilicium (+42 % entre l'été 2025 et janvier 2026). Bonne nouvelle : depuis mars, les cours du polysilicium reculent à nouveau (-13 % depuis le début de l'année), ce qui amortit en partie les autres hausses.

À noter : les industriels réagissent vite. Longi et Jinko Solar ont annoncé démarrer dès le deuxième trimestre 2026 la production en masse de cellules sans argent métallique, ce qui devrait peser à la baisse sur les coûts d'ici fin 2026. La hausse actuelle a donc toutes les chances d'être temporaire.

Votre rentabilité reste préservée

Voici le point essentiel à retenir : la hausse des prix matériel n'efface pas la rentabilité d'un projet solaire en 2026. Voici pourquoi.

Côté coûts : votre devis prend +2 à +4 % au pire. Sur un 6 kWc, c'est environ 300 € de plus. Sur un investissement amorti en 12 à 15 ans, l'impact est marginal.

Côté revenus : rien n'a changé pour le résidentiel.

  • La prime à l'autoconsommation reste fixée à 80 €/kWc pour les installations ≤ 9 kWc au T2 2026, comme nous l'expliquions fin mars. C'est le 5ᵉ trimestre consécutif sans baisse.
  • Le tarif de rachat du surplus reste à 4,00 c€/kWh.
  • Surtout, le Tarif Bleu EDF atteint désormais 0,194 €/kWh depuis février 2026. Chaque kWh autoconsommé continue de vous faire économiser cette somme.

Le ratio reste sans appel : autoconsommer rapporte près de 5 fois plus que revendre. C'est là que votre projet se rentabilise — pas dans la revente de surplus, et certainement pas dans la course aux prix les plus bas.

Vous avez reçu un devis et vous vous demandez si le prix est juste dans ce nouveau contexte ? Envoyez-le nous pour une analyse gratuite. Nous vérifions le prix au Wc, le matériel et la certification RGE de l'installateur. Réponse sous 48h, zéro appel commercial.

Méfiez-vous de l'urgence commerciale qui s'organise

Depuis février 2026, les sites de vente de panneaux solaires multiplient les messages d'urgence : « Dernière chance avant la hausse », « Signez avant le 1er avril ou payez 30 % plus cher ». C'est un classique du marketing qui exploite les hausses de prix pour pousser à signer sans comparer.

La réalité, vous l'avez vue plus haut : la hausse réelle sur votre devis sera de quelques centaines d'euros, pas de plusieurs milliers. Aucune urgence ne justifie de signer un devis sans l'avoir comparé à d'autres.

Pire : c'est précisément dans ce type de période d'agitation commerciale que les escrocs prospèrent. Le démarchage téléphonique est désormais interdit (loi Cazenave du 30 juin 2025), mais le porte-à-porte reste autorisé, et les techniques de vente sous pression vont s'intensifier dans les prochaines semaines.

Quelques réflexes à garder :

  1. Comparez au moins 3 devis. Les écarts entre installateurs vont se creuser dans cette période d'instabilité. Notre guide des prix 2026 vous donne les fourchettes de référence à connaître.
  2. Vérifiez la certification RGE de chaque entreprise. Notre annuaire d'installateurs vérifiés facilite la recherche près de chez vous.
  3. Vérifiez les conditions de la TVA réduite à 5,5 %. Pour en bénéficier, votre installation doit notamment intégrer un système de gestion d'énergie (EMS) et utiliser des modules à faible empreinte carbone. Beaucoup de devis affichent 5,5 % sans respecter ces conditions — attention aux mauvaises surprises.
  4. Prenez le temps. Un installateur sérieux vous laisse toujours réfléchir. Aucune offre légitime n'expire en 24 heures. Notre guide des arnaques solaires liste les pièges les plus fréquents.

Ce qu'il faut retenir

  1. La hausse est réelle, mais contenue. La fin du remboursement TVA chinoise et l'envolée du cours de l'argent poussent les modules à +9 à +15 %, mais le devis final d'une installation résidentielle n'augmente que de +2 à +4 %.
  2. Aucune urgence à signer dans la précipitation. Les commerciaux vont jouer la carte de la peur ; ne tombez pas dans le piège. Comparer plusieurs devis vous fera économiser bien plus que la hausse elle-même.
  3. La rentabilité reste préservée. Avec une prime stable à 80 €/kWc, un tarif de rachat à 4 c€/kWh et surtout un Tarif Bleu EDF à 0,194 €/kWh, l'autoconsommation reste très rentable en 2026.

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Pour aller plus loin :