Dernière mise à jour : juin 2026 (réforme tarifaire S21, en vigueur depuis le 5 juin 2026)
L'année 2026 marque un tournant. Avec la réforme S21 (entrée en vigueur le 5 juin 2026), l'État ne cherche plus à faire de vous un « vendeur d'électricité », mais un « autoconsommateur » : la prime à l'autoconsommation est supprimée et le rachat du surplus tombe à 1,1 c€/kWh. L'objectif est clair : produire votre propre courant pour réduire votre facture, plutôt que de le vendre au réseau.
Voici tout ce que vous devez savoir pour financer votre projet, expliqué simplement.
Avant de chiffrer votre budget, comparez vos devis avec notre guide sur le prix des panneaux solaires en 2026. Vous saurez immédiatement si le montant proposé est cohérent.
La règle d'or avant de commencer
Pour bénéficier des aides (tarif d'achat EDF OA, TVA réduite, MaPrimeRénov' thermique), une condition est non négociable :
Vos travaux doivent être réalisés par un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l'Environnement).
Si vous installez les panneaux vous-même (kits « Do It Yourself »), vous ne toucherez aucune aide de l'État et ne pourrez pas vendre votre surplus à EDF OA.
La prime à l'autoconsommation a-t-elle vraiment été supprimée ?
Oui. Jusqu'au 4 juin 2026, l'État versait une prime à l'investissement (via EDF Obligation d'Achat) à ceux qui consommaient leur production et vendaient le surplus. La réforme S21 l'a supprimée pour toutes les nouvelles demandes.
- Nouveau projet (demande de raccordement à partir du 5 juin 2026) : plus aucune prime à l'autoconsommation.
- Projet déjà engagé (demande de raccordement déposée avant le 5 juin 2026) : vous conservez l'ancien barème, garanti 20 ans. Pour mémoire, il valait 80 € par kWc jusqu'à 9 kWc, soit 240 € (3 kWc), 480 € (6 kWc) ou 720 € (9 kWc).
C'est la date de votre demande complète de raccordement (DCR) auprès d'Enedis — ni la signature du devis, ni la date de pose — qui détermine le cadre applicable. En cas de doute, faites vérifier votre situation.
Votre devis affiche encore une prime : que faire ?
Le cas est fréquent, et il n'est pas nécessairement malhonnête. Beaucoup de devis sont édités à partir de modèles préparés avant le 5 juin 2026, quand la prime existait encore : la ligne « prime à l'autoconsommation » y est restée par simple report, sans intention de tromper.
Le critère qui tranche est celui rappelé ci-dessus : seule la date de dépôt de la DCR compte. Un devis peut donc afficher une prime en toute bonne foi, et celle-ci être malgré tout caduque, simplement parce que le raccordement n'a pas été demandé à temps.
Un cas concret. Un devis daté du 1er juin 2026 affichait une remise de −640 € au titre de la prime à l'autoconsommation (8 kWc × 80 €). La demande de raccordement, elle, n'avait pas été déposée avant le 5 juin. La remise n'était donc plus due : le prix réellement payé dépassait de 640 € le total annoncé en bas du devis.
Ce que vous pouvez faire, concrètement :
- Demandez la date par écrit. Un simple email suffit : « Pouvez-vous me confirmer la date de dépôt de ma demande complète de raccordement auprès d'Enedis ? » Conservez la réponse.
- Comparez-la au 5 juin 2026. Dépôt le 4 juin 2026 au plus tard : la prime vous reste acquise. Dépôt à partir du 5 juin : elle n'existe plus, quel que soit ce qu'indique le devis.
- Demandez un devis rectifié dans ce second cas, ligne de prime retirée et total corrigé. Un installateur sérieux le fera sans discuter : la réforme s'impose à lui comme à vous.
Tant que cette date n'est pas écrite noir sur blanc, considérez la ligne de prime comme une hypothèse, pas comme une remise acquise.
Un doute sur le vôtre ? Faites-le vérifier gratuitement. Nous ne vendons pas de panneaux : nous n'avons rien à vous placer. Zéro appel téléphonique, la réponse arrive par email uniquement. Et faites-le avant de signer : c'est le moment où vous avez encore toutes les cartes en main.
Combien rapporte le surplus depuis le 5 juin 2026 ?
Quand il fait beau, vous produisez souvent plus que ce que vous consommez. Ce « trop-plein » d'électricité est injecté sur le réseau public et vous est acheté par EDF OA.
- Le tarif depuis le 5 juin 2026 (S21) : 1,1 c€/kWh (0,011 €), indexé +2 %/an.
- La durée : tarif garanti pendant 20 ans.
- Deux limites à connaître : le surplus n'est racheté que lorsque le prix de l'électricité sur le marché est positif, et la quantité rachetée est plafonnée à 1 600 heures de production par kWc installé (un plafond rarement atteint en résidentiel).
- Avant le 5 juin 2026 : les demandes déjà déposées conservent l'ancien tarif de 4 c€/kWh.
💡 Conseil : 1,1 centime, ce n'est presque rien (comparé aux 19,4 centimes que vous coûte un kWh acheté au réseau au tarif réglementé). Revendre ne rapporte quasi plus rien : un kWh autoconsommé vaut désormais près de 18 fois plus qu'un kWh revendu. Ne surdimensionnez donc pas votre installation pour « vendre » : le but est d'effacer votre facture. Consommez le maximum de votre production (lancez les machines en journée !).
Avec un surplus si peu valorisé, une question vient naturellement : l'investissement reste-t-il rentable ? Notre guide sur la rentabilité des panneaux solaires en 2026 répond en détail, avec des exemples d'amortissement selon votre profil de consommation.
Pourquoi votre devis affiche 20 % de TVA et pas 5,5 %
C'est la grande nouveauté de 2026 : le taux intermédiaire de 10 % a été supprimé au 1er janvier 2026. Il n'existe désormais que deux taux de TVA possibles.
✅ TVA Réduite à 5,5 %
C'est le Graal, mais il est difficile à obtenir. Pour en bénéficier, votre installation doit cocher toutes ces cases :
- Puissance inférieure ou égale à 9 kWc.
- Maison de plus de 2 ans.
- Pilotage intelligent (EMS) : installation d'un système qui gère vos appareils (ex : déclenche le chauffe-eau quand il y a du soleil). C'est obligatoire.
- Panneaux Bas Carbone : bilan carbone < 530 kgCO2eq/kWc et respect des seuils métaux (argent, plomb, cadmium).
Demandez une attestation écrite à votre installateur prouvant que le matériel est éligible au 5,5 %.
Concrètement, à quel point est-ce rare ? Le point de blocage est presque toujours le quatrième critère. Il ne se déclare pas : il se prouve. Les panneaux doivent être certifiés selon le référentiel PPE2-V2 par Certisolis, le laboratoire accrédité qui publie le tableau officiel des certifications.
Si vous l'ouvrez, regardez le bon onglet. Le premier recense toutes les certifications PPE2-V2 — plusieurs centaines de lignes, tous seuils carbone confondus, y compris ceux qui ne donnent aucun droit à la TVA réduite. Celui qui vous concerne est l'onglet « ATTESTATIONS TVA 5,5 % », et il est très court : au 22 juin 2026, il ne comptait que 11 références de panneaux, issues de 6 fabricants, pour l'ensemble du marché français. Cette liste évolue dans les deux sens — des modèles s'y ajoutent à mesure que les fabricants se certifient, d'autres en sont retirés — alors vérifiez toujours sa date de mise à jour.
Autrement dit : une TVA à 20 % sur votre devis est le cas normal, pas une anomalie ni une erreur de votre installateur.
Le bon réflexe n'est donc pas de vous demander « mon devis devrait-il être à 5,5 % ? » — dans la grande majorité des cas, non. C'est l'inverse qu'il faut faire : si on vous promet 5,5 %, demandez la référence exacte du modèle de panneau et son attestation TVA 5,5 %.
Car franchir le seuil carbone ne suffit pas : encore faut-il que l'attestation ait été délivrée. À cette même date du 22 juin 2026, 8 fabricants passaient sous les 530 kgCO2eq/kWc, mais 6 seulement détenaient l'attestation correspondante. Et un fabricant dont un modèle est homologué ne l'est pas pour autant sur toute sa gamme. C'est donc l'attestation nominative, modèle par modèle, qui fait foi en cas de contrôle — ni la réputation de la marque, ni un bon bilan carbone annoncé de vive voix.
❌ TVA Pleine à 20 %
Elle s'applique dans tous les autres cas :
- Maisons neuves (moins de 2 ans).
- Installations puissantes (plus de 9 kWc).
- Absence de système de pilotage (EMS).
- Panneaux ne respectant pas les critères bas carbone.
⚠️ Attention : Même pour une petite installation ≤ 3 kWc, si vous n'avez pas d'EMS ou de panneaux bas carbone, c'est 20 % de TVA. Le taux de 10 % n'existe plus.
💡 Besoin de vérifier si un vendeur vous raconte la vérité sur la TVA ou les aides? Consultez notre guide pour éviter les arnaques solaires avant de signer.
MaPrimeRénov'
Une confusion fréquente existe. Voici la distinction :
- Panneaux photovoltaïques (électricité) : ❌ NON ÉLIGIBLES à MaPrimeRénov' (en parcours classique).
- Panneaux thermiques ou hybrides (eau chaude + électricité) : ✅ ÉLIGIBLES.
Si vous installez un chauffe-eau solaire ou un système solaire combiné (chauffage), vous pouvez toucher une aide selon vos revenus (voir les plafonds de ressources) :
- Revenus très modestes (Bleu) : jusqu'à 4 000 € d'aide.
- Revenus modestes (Jaune) : jusqu'à 3 000 € d'aide.
- Revenus intermédiaires (Violet) : jusqu'à 2 000 € d'aide.
L'éco-prêt à taux zéro
Vous pouvez emprunter sans payer d'intérêts pour financer vos travaux grâce à l'éco-PTZ.
- Pour le photovoltaïque seul : c'est compliqué. Ce n'est généralement pas éligible, sauf si cela fait partie d'un bouquet de travaux de rénovation globale.
- Pour le solaire thermique (eau chaude) : éligible jusqu'à 15 000 €.
Résumé : que pouvez-vous toucher ?
Exemple pour une famille installant 3 kWc (environ 8 panneaux) sur une maison de 10 ans :
| Aide | Montant / Avantage |
|---|---|
| Prime à l'autoconsommation | Supprimée depuis le 5 juin 2026 (réforme S21) |
| Vente du surplus | 1,1 c€ / kWh (0,011 €, indexé +2 %/an, 20 ans) |
| TVA | 5,5 % (avec EMS + panneaux bas carbone) ou 20 % |
| Impôts sur le revenu | 0 € (exonération totale pour ≤ 3 kWc) |
Les étapes pour réussir
- Estimez vos besoins : ne couvrez pas votre toit au hasard. Visez l'autoconsommation maximale.
- Choisissez un Pro RGE : vérifiez son certificat sur l'annuaire officiel France Rénov'.
- Vérifiez le devis : le taux de TVA (5,5 % ou 20 %) et le montant de la prime doivent être clairs. Appuyez-vous sur le guide des prix 2026 pour comparer le coût au Watt.
- Demande de raccordement : souvent gérée par l'installateur auprès d'Enedis. Cette date (la DCR) « fige » le cadre tarifaire : déposée avant le 5 juin 2026, elle garantit l'ancien barème (prime + rachat à 4 c€/kWh) pendant 20 ans ; à partir du 5 juin 2026, c'est le cadre S21 (sans prime, surplus à 1,1 c€/kWh).
Vous avez un doute ? Les conseillers Solaire.fr sont là pour décrypter vos devis.
Pour aller plus loin :
- Simulez votre rentabilité pour voir l'impact des aides sur votre retour sur investissement.
- Faites vérifier votre devis gratuitement : on vérifie le prix, le matériel et la conformité RGE.
- Trouvez un installateur RGE certifié dans votre ville.